Pension d’invalidité catégorie 2 : montant 2026, conditions et démarches

Plus de 800 000 personnes perçoivent une pension d’invalidité en France, et près de deux tiers d’entre elles relèvent de la catégorie 2, d’après la Drees.

Derrière ce classement administratif se cachent des questions très concrètes : combien allez-vous toucher, pouvez-vous continuer à travailler, cette pension est-elle imposée, et que se passe-t-il au moment de la retraite ?

Voici un guide pour tout savoir concernant la Pension d’invalidité catégorie 2.

En bref

– L’invalidité de catégorie 2 reconnaît une réduction d’au moins deux tiers (66 %) de votre capacité de travail à la suite d’une maladie ou d’un accident non professionnel.
– – La pension correspond à 50 % de votre salaire annuel moyen, soit entre 338,31 € et 2 002,50 € par mois en 2026.
Malgré son nom, la catégorie 2 n’interdit pas de travailler : le cumul pension + salaire est autorisé, mais encadré.
– La pension est imposable et peut être complétée par l’ASI, l’AAH ou un contrat de prévoyance.

Sommaire

Qu’est-ce que l’invalidité de catégorie 2 ?

L’invalidité de catégorie 2 est une reconnaissance administrative attribuée par le médecin-conseil de votre caisse d’Assurance maladie (CPAM, ou MSA pour le régime agricole).

Selon Service-Public.fr, elle concerne les assurés dont la capacité de travail ou de gain est réduite d’au moins deux tiers (66 %) à la suite d’une maladie ou d’un accident d’origine non professionnelle.

Si l’origine est professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle), vous ne relevez pas de la pension d’invalidité mais d’un dispositif distinct : la rente d’incapacité permanente, calculée différemment.

Catégorie 1, 2 ou 3 : quelles différences ?

L’Assurance maladie ne se fonde pas sur un barème chiffré de pourcentages, mais sur la capacité de travail et de gain restante, répartie en trois catégories.

Catégorie Situation de la personne Pension (% du salaire annuel moyen)
Catégorie 1 Capable d’exercer une activité réduite 30 %
Catégorie 2 Incapable d’exercer une activité professionnelle 50 %
Catégorie 3 Incapable de travailler et besoin d’une tierce personne au quotidien 50 % + majoration pour tierce personne

La frontière entre catégories 1 et 2 tient à un critère simple :

  • en catégorie 1, une activité rémunérée réduite reste médicalement envisageable ;
  • en catégorie 2, elle ne l’est plus, même si une reprise adaptée demeure possible dans les faits.

Une nuance essentielle : invalidité n’est pas inaptitude

C’est l’un des points les plus mal compris. La formule administrative « incapable d’exercer une profession quelconque » ne signifie pas une interdiction de travailler.

La catégorie 2 sert avant tout à calculer le montant de votre pension.

L’aptitude ou l’inaptitude à un poste précis relève, elle, du médecin du travail, pas du médecin-conseil de la CPAM.

Une personne en invalidité de catégorie 2 reste autonome dans les gestes du quotidien (se laver, se déplacer, préparer ses repas), contrairement à la catégorie 3.

Enfin, ce classement n’est jamais définitif : selon l’évolution de votre état de santé, vous pouvez être reclassé dans une autre catégorie, ou voir votre pension révisée.

Les conditions pour obtenir une pension d'invalidité catégorie 2

Les conditions pour obtenir une pension d’invalidité catégorie 2

L’attribution repose sur deux types de conditions, cumulatives.

Les conditions médicales

Il n’existe aucune liste officielle de maladies ouvrant droit à l’invalidité de catégorie 2, contrairement aux affections de longue durée (ALD).

Le médecin-conseil statue au cas par cas, après examen de votre dossier.

Dans la pratique, les situations concernées vont des maladies chroniques ou invalidantes aux cancers, en passant par les troubles psychiatriques, les maladies neurologiques ou les séquelles d’accident.

Certaines situations d’épuisement professionnel entrent aussi dans ce cadre : un burn-out à l’origine d’un arrêt maladie de longue durée peut, s’il réduit durablement la capacité de travail, conduire à une reconnaissance en invalidité.

Les conditions administratives (cotisation)

Pour percevoir la pension, vous devez être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois au premier jour du mois précédant l’arrêt de travail ou la constatation de l’invalidité.

Sur ces 12 mois, vous devez justifier de l’une de ces deux conditions :

  • avoir travaillé au moins 600 heures ;
  • ou avoir cotisé sur une rémunération au moins égale à 2 030 fois le SMIC horaire, soit environ 24 116 € en 2026 (sur la base d’un SMIC horaire de 12,02 €).

Vous devez par ailleurs avoir moins que l’âge légal de la retraite au moment de la demande.

Quel est le montant de la pension d’invalidité catégorie 2 en 2026 ?

Voici ce que vous devez savoir

Le mode de calcul

La pension de catégorie 2 est égale à 50 % du salaire annuel moyen (SAM) de vos 10 meilleures années de revenus d’activité, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS).

En 2026, le PASS s’élève à 48 060 € par an, soit 4 005 € par mois. Les revenus dépassant ce plafond ne sont pas pris en compte.

Montant minimum et maximum

Quelle que soit votre carrière, la pension est encadrée par un plancher et un plafond, revalorisés chaque année au 1er janvier.

Pour 2026, selon Service-Public.fr :

  • Montant minimum : 338,31 € par mois ;
  • Montant maximum : 2 002,50 € par mois (soit 50 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale).

ℹ️ Ces montants sont des bases brutes, avant prélèvements sociaux. Pensez à vérifier les chiffres en vigueur sur service-public.fr, car ils sont actualisés chaque début d’année.

3 exemples chiffrés pour comprendre

Pour visualiser concrètement ce que vous toucheriez, voici trois profils types. Le calcul de base est : (salaire annuel moyen × 50 %) ÷ 12.

Salaire annuel moyen (10 meilleures années) Calcul de la pension Pension mensuelle brute
18 000 € (18 000 × 50 %) ÷ 12 = 750 € 750 €
28 000 € (28 000 × 50 %) ÷ 12 ≈ 1 167 € ≈ 1 167 €
60 000 € (au-delà du PASS) plafonné à 48 060 € → (48 060 × 50 %) ÷ 12 2 002,50 € (plafond atteint)

Dans le premier cas, le calcul donne une somme supérieure au plancher : c’est elle qui s’applique.

Dans le dernier, le salaire dépasse le PASS : la pension est donc plafonnée au maximum. Si un calcul aboutissait à moins de 338,31 €, c’est ce minimum qui serait versé.

La pension d’invalidité catégorie 2 est-elle imposable ?

C’est un angle souvent oublié, alors qu’il pèse directement sur votre budget. Oui, la pension d’invalidité de catégorie 2 est imposable.

Impôt sur le revenu

La pension est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, au même titre qu’une pension de retraite, avec un abattement de 10 %.

Pour la déclaration 2026 (revenus 2025), cet abattement ne peut être inférieur à 454 € par pensionné ni supérieur à 4 439 € par foyer fiscal.

La pension est en général préremplie sur votre déclaration : vérifiez toutefois l’exactitude du montant.

Prélèvements sociaux

Trois contributions peuvent être prélevées directement sur le versement mensuel :

  • CSG : 6,6 % (taux médian) ou 3,8 % (taux réduit), selon votre revenu fiscal de référence ;
  • CRDS : 0,5 % ;
  • CASA : 0,3 %.

Vous pouvez être exonéré de ces prélèvements, en totalité ou en partie, si votre revenu fiscal de référence est faible, si vous percevez l’ASI, ou si vous n’êtes pas domicilié fiscalement en France.

À noter : contrairement à la catégorie 3, la catégorie 2 n’ouvre pas droit à une réduction d’impôt spécifique liée à l’invalidité.

Comment compléter une pension d'invalidité catégorie 2 ?

Comment compléter une pension d’invalidité catégorie 2 ?

Le passage en invalidité s’accompagne d’une baisse marquée des revenus. Plusieurs leviers existent pour la compenser.

L’Allocation supplémentaire d’invalidité (ASI)

Destinée aux personnes aux ressources modestes, l’ASI complète votre pension jusqu’à un seuil garanti.

En 2026, ce plafond s’établit à environ 922,16 € par mois pour une personne seule et 1 613,80 € pour un couple.

Elle fonctionne en différentiel : si votre pension atteint 700 €, l’ASI verse le complément jusqu’au plafond.

Elle n’est ni imposable ni soumise à la CSG/CRDS, mais elle est récupérable sur la succession au-delà d’un certain seuil d’actif net (46 000 € en métropole).

Les autres aides cumulables

Votre pension peut se cumuler avec, selon votre situation :

  • l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), attribuée par la MDPH et versée par la CAF ou la MSA ;
  • le RSA ;
  • l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ;
  • une rente d’accident du travail d’origine distincte ;
  • une pension alimentaire.

Le contrat de prévoyance

C’est le complément le plus puissant pour préserver votre niveau de vie.

Un contrat de prévoyance vous verse une rente en cas de placement en invalidité, dont le montant dépend du contrat.

Point crucial : vous devez souscrire avant le placement en invalidité et l’événement déclencheur.

Tous les employeurs n’en proposent pas ; vous pouvez en souscrire un à titre individuel auprès d’un assureur, d’une banque ou d’une complémentaire santé.

Travailler en invalidité catégorie 2 : les règles de cumul

Oui, vous pouvez reprendre une activité en invalidité de catégorie 2, à temps plein ou partiel, avec ou sans aménagement de poste.

Deux conditions : la validation par la médecine du travail et le respect du plafonnement des revenus.

Le seuil de comparaison

La règle, posée par le Code de la Sécurité sociale, est la suivante : pension + revenus d’activité ne doivent pas dépasser votre « salaire de comparaison ».

Ce seuil correspond au plus avantageux entre :

  • votre dernier salaire annuel brut avant l’invalidité ;
  • votre salaire annuel moyen brut des 10 meilleures années.

Ce seuil est plafonné au PASS (48 060 € en 2026) et ne peut être inférieur au SMIC annuel brut (environ 21 876 € en 2026). Si le total dépasse ce seuil, votre pension est réduite à due concurrence du dépassement.

Reclassement ou licenciement

Vous pouvez reprendre votre poste avec des horaires aménagés, ou occuper un autre poste après un reclassement.

Si votre employeur ne peut pas vous reclasser, un licenciement pour inaptitude est possible, ouvrant droit à des indemnités.

Le cas particulier des indépendants et auto-entrepreneurs

Les travailleurs non salariés (TNS) sont rattachés à la Sécurité sociale des indépendants.

Pour les artisans et commerçants, la pension de catégorie 2 prend le nom de pension pour invalidité totale et définitive (PITD).

Le taux reste de 50 % du revenu annuel moyen des 10 meilleures années, mais les planchers diffèrent de ceux des salariés.

Surtout, la protection sociale des indépendants est moins complète que celle des salariés.

C’est précisément pour cela qu’un contrat de prévoyance individuel est fortement recommandé pour cette catégorie.

Il sécurise un revenu en cas d’incapacité, ce que la seule pension ne suffit généralement pas à garantir.

Que devient la pension d’invalidité au moment de la retraite ?

Lorsque vous atteignez l’âge légal de départ à la retraite, la pension d’invalidité prend fin et est automatiquement remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, en principe au taux plein.

Bonne nouvelle : la période d’invalidité continue de vous faire acquérir des trimestres et des points de retraite complémentaire.

Si vous travaillez encore, vous n’êtes pas obligé de liquider votre retraite immédiatement : vous pouvez poursuivre votre activité jusqu’à 67 ans et continuer, sous conditions, à cumuler salaire et pension.

Comment faire la demande de pension d’invalidité catégorie 2 ?

La demande peut intervenir de deux façons :

  1. À l’initiative de la Sécurité sociale, qui vous informe directement de sa décision. C’est fréquent à la fin de la durée maximale de versement des indemnités journalières (3 ans) ou après un arrêt maladie de longue durée.
  2. À votre propre initiative, en remplissant un formulaire et en constituant un dossier adressé à votre CPAM. Vous disposez d’un délai de 12 mois à compter, par exemple, de la consolidation de la blessure, de la stabilisation de votre état de santé ou de la fin des indemnités journalières.

Dans les deux cas, un rendez-vous avec le médecin-conseil peut être nécessaire. Comptez généralement 2 à 4 mois d’instruction. La pension est ensuite versée mensuellement, à terme échu (la pension de juillet est versée début août).

FAQ

Comment faire la demande de pension d'invalidité catégorie 2 ?

Quel avantage d’être en invalidité catégorie 2 ?

Le principal avantage est le versement d’une pension qui compense la perte de revenus (50 % de votre salaire annuel moyen).

S’y ajoutent :

  • l’exonération du ticket modérateur (vos soins liés à l’affection sont pris en charge à 100 %, dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale),
  • un accès prioritaire aux aides d’aménagement du logement ou d’aide à domicile,
  • la possibilité de cumuler d’autres aides (AAH, ASI, aides au logement)
  • le maintien de vos droits jusqu’à la retraite, où la pension est remplacée par une retraite pour inaptitude au taux plein.

Quel est le montant net de la pension d’invalidité catégorie 2 ?

Le montant net correspond au montant brut diminué des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA), lorsqu’ils s’appliquent.

Au taux plein, ces prélèvements représentent environ 7,4 % (CSG 6,6 % + CRDS 0,5 % + CASA 0,3 %).

Concrètement, le maximum de 2 002,50 € brut correspond alors à environ 1 854 € net par mois.

Si vous bénéficiez d’un taux de CSG réduit (3,8 %) ou d’une exonération (revenus modestes, bénéficiaire de l’ASI), le net est plus élevé, jusqu’à atteindre le montant brut.

L’impôt sur le revenu, lui, est calculé séparément.

Quelles maladies sont reconnues pour une invalidité de catégorie 2 ?

Il n’existe aucune liste officielle de maladies.

La reconnaissance dépend de l’évaluation du médecin-conseil, qui mesure la réduction de votre capacité de travail (au moins deux tiers).

Maladies chroniques, cancers, troubles psychiatriques, pathologies neurologiques, séquelles d’accident ou épuisement professionnel sévère peuvent y donner droit.

Est-ce que je peux travailler en invalidité  ?

Oui. La catégorie 2 n’est pas une interdiction de travailler.

Une reprise à temps plein ou partiel est possible avec l’accord de la médecine du travail, à condition que le total pension + salaire ne dépasse pas votre salaire de comparaison.

En cas de dépassement, la pension est réduite.

Quelle est la différence entre la pension d’invalidité et l’AAH ?

La pension d’invalidité est versée par l’Assurance maladie aux assurés ayant cotisé, dont la capacité de travail est réduite d’au moins deux tiers.

L’AAH est une aide sociale attribuée par la MDPH, sous conditions de ressources, pour garantir un revenu minimum aux personnes en situation de handicap.

Les deux peuvent, dans certains cas, se cumuler partiellement.

La pension d’invalidité catégorie 2 est-elle imposable ?

Oui. Elle est soumise à l’impôt sur le revenu (avec abattement de 10 %) ainsi qu’à la CSG, à la CRDS et à la CASA, avec des possibilités d’exonération selon votre revenu fiscal de référence.

Que devient la pension lors du passage à la retraite ?

À l’âge légal de la retraite, la pension d’invalidité est convertie en retraite pour inaptitude, en principe au taux plein. Les trimestres acquis pendant l’invalidité sont conservés.


Sources : Service-Public.fr (pension d’invalidité : montant, versement et conditions), Ameli.fr, Drees (Les retraités et les retraites). Montants en vigueur en 2026, revalorisés au 1er janvier. Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un conseil personnalisé de votre CPAM.